Pochade en un acte 
 
Rédaction : vers 1924 (daté par l'auteur : 1920) 
Publication : 1938 (Ça ira) et 1952 (Gallimard) 
Création : 10 novembre 1953, Paris, Compagnie Roger Jourdan, m. sc.: Roger Jourdan. 
 
 
 
Théâtre des Osses, Fribourg (Suisse), novembre 2001 - décembre 2002, 
m. sc. : Gisèle Sallin, scénographie : Jean-Claude De Bémels. 
(Photos © Guy Delahaye, doc. Ass.MdG)
 
Dans un hospice en Flandre, un des vieillards, "le guetteur", prétend avoir entendu le tocsin. Comme il n'y a pas de cloches dans les environs, les autres se moque de lui, mais peu à peu l'inquiétude les gagne et ils finissent eux aussi par entendre la lugubre sonnerie. Par la fenêtre, le guetteur observe l'arrivée d'un énorme cheval monté par un "cavalier bizarre". Il demande à ses compagnons s'ils ont peur de mourir. Comme ceux-ci répondent avec philosophie que "mourir, c'est le métier des homme ", il leur révèlent que le cavalier qui s'approche n'est autre que la Mort. Les vieillards se lancent alors dans une grotesque danse macabre puis, cédant brutalement à la panique, ils se confessent et courent se cacher sous les lits. Le guetteur ouvre alors toute grande la porte de la salle et fait face à la camarde pour la décourager d'emporter des êtres indignes de son attention, des vieillards "ratatinés, déplumés, renâcleurs, décharnés, mal torchés, saliveurs". Lorsqu'il referme la porte, les froussards sortent de leur cachette. Le guetteur regagne son poste d'observation et décrit le cavalier bizarre qui s'éloigne, emportant "précautionneusement une petite ombre […] un nouveau-né", pour le plus grand soulagement des vieillards transis…